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11 juin 2003

Les effets de la radioactivité sur l’être humain


Dans une précédente notice, nous avons tenté de présenter le plus simplement possible ce qui semble s’être passé à Tchernobyl lors de la catastrophe du 26 avril 1986.

Dans ce second volet, nous tâcherons d’expliquer de manière claire et synthétique les principaux effets de la radioactivité sur l’être humain. A nouveau, aucune explication scientifique pointue n’est à attendre ici. Il s’agit d’un exposé de très large vulgarisation, destiné à mieux faire comprendre le contexte des actions menées par ASET en faveur des enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl. Quiconque est désireux de se documenter plus en profondeur sur ce sujet peut consulter les ouvrages ou les sites mentionnés ci-après.

Les effets de la radioactivité sur l’être humain

Les substances présentes au sein d’un réacteur nucléaire offrent la particularité d’être « radioactives », ce qui signifie qu’elles émettent un rayonnement, un peu comme une ampoule électrique émet de la lumière et de la chaleur. Ce rayonnement est cependant totalement invisible ; il ne provoque pas de sensation d’échauffement et n’a ni goût ni odeur.

Dans certaines conditions, les rayonnements radioactifs peuvent s’avérer extrêmement nocifs, soit directement par exposition, soit indirectement par inhalation d’air ou absorption d’eau ou d’aliments contaminés.

Dans le cas d’une exposition directe, si certaines variétés de rayonnements - peu « puissants » d’un point de vue énergétique - sont facilement arrêtés (même déjà par la peau), d’autres traversent carrément l’organisme de part en part.

Dans le cas d’inhalation ou d’ingestion, même les rayonnements peu puissants s’avèrent nuisibles (d’une manière qui n’est du reste pas uniforme, car certains organes sont plus sensibles que d’autres).

Dans les régions touchées par les effets de la catastrophe de Tchernobyl, l’exposition directe est très variable selon le niveau de contamination des sols. En revanche, la contamination des populations par inhalation ou ingestion peut être importante si ces dernières consomment quotidiennement des aliments provenant de milieux contaminés (champignons et fruits des bois, produits laitiers par exemple).

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Dessin d’un enfant biélorusse

Comment la radioactivité nuit-elle à l’être humain ?

Les organes des êtres vivants sont subdivisés en de très petites entités appelées « cellules ». Les cellules se reproduisent continuellement pour assurer le remplacement des cellules abîmées ou vieillies, la croissance des cheveux, la pousse des ongles, etc.

Il est bien établi que certaines radiations produisent d’importantes lésions ou perturbations aux éléments composants ces cellules [1].

Si elles se trouvent modérément exposées aux radiations, les cellules sont capables de réparer ces lésions. Dans le cas contraire, leur mécanisme de réparation n’y parvient plus.

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Dessin d’un enfant biélorusse

Quelles sont les nuisances de la radioactivité pour l’organisme ?

Différents types d’effets apparaissent après une exposition de l’organisme à une source radioactive. Ces effets sont d’autant plus graves que la quantité de radioactivité reçue est importante et que la zone irradiée est étendue. On distingue les irradiations globales (qui affectent le corps entier), et les irradiations partielles.

Dans le cas d’une irradiation globale, c’est surtout la moelle osseuse (substance contenue dans les os) qui est affectée. Or, c’est dans cette moelle que se forment les cellules sanguines.

Dans le cas d’une irradiation partielle, les organes les plus sensibles à la radioactivité sont les organes reproducteurs, l’œil et la peau.

Les cancers

Un cancer est la conséquence d’une anomalie dans la multiplication des cellules. Celles-ci se mettent à se reproduire rapidement et de manière anarchique c’est à dire sans les limites normalement fixées par l’organisme.

La formation de cancers à la suite d’une irradiation dépend notamment de la quantité d’irradiation reçue et de l’âge. Ils apparaissent après un temps plus ou moins long (de cinq à dix ans, mais parfois encore au bout d’une quarantaine d’années).

En raison de l’émission d’une substance radioactive (l’iode radioactif) par les réacteurs nucléaires, les risques de cancers de la thyroïde (une glande située dans la gorge) sont particulièrement importants. Ces cancers résultent d’une irradiation par une source extérieure à l’organisme, ou d’une contamination par des particules radioactives « capturées » par cet organe (par exemple, lors de l’ingestion d’aliments contaminés).

Ce sont surtout les enfants qui sont vulnérables. La thyroïde de l’adulte est moins sensible aux rayonnements et développe plus rarement un cancer.

Les effets génétiques

Les composants des cellules intervenant dans leur multiplication sont également ceux qui sont transmis à notre descendance. Ce patrimoine génétique peut donc également être modifié suite à une irradiation.

L’exposition aux rayonnements de l’embryon ou du fœtus peut entraîner des malformations, des retards mentaux ou des troubles de la croissance.

Autres effets

Les rayonnements nucléaires peuvent aussi avoir un effet sur les capacités de l’organisme à se défendre contre les infections (effet qualifié par les médecins « d’immunodépresseur »). Ils peuvent également provoquer des lésions à la peau, des cataractes du cristallin de l’œil ou une stérilité temporaire ou définitive.

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Dessin d’un enfant biélorusse

En guise de conclusion…

La santé des enfants que nous accueillons chaque été est menacée par l’état de l’environnement dans lequel ils grandissent et évoluent quotidiennement. Toutefois, et contrairement à une idée encore trop répandue, ces enfants ne risquent absolument pas de contaminer à leur tour leur entourage. La contamination radioactive n’est pas contagieuse !

Toutes les conséquences de la catastrophe de 1986 ne sont pas encore bien connues, et les résultats des études scientifiques - même les plus rigoureusement menées - se contredisent quelquefois (Voir : É-Mission en zones contaminées avec la RTBF). Une chose est sûre : nos amis biélorusses, et surtout leurs enfants, ont encore besoin de nous. Comme l’expliquait en 2001 le professeur André Aurengo (réf. cit. ci-après), « le nombre de cancers en excès était prévisible, leurs conséquences en terme de survie seraient dépendantes de la précocité du diagnostic et des méthodes thérapeutiques, elles-mêmes dépendantes du niveau économique du pays concerné. Seule une aide internationale massive et contrôlée est susceptible d’atténuer les conséquences de cette catastrophe ».

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Dessin d’un enfant biélorusse

Sources et bibliographie

- BADER Jean-Michel et alii (1986), « Quel risque médical pour les faibles irradiations ? » (encadré), Science & Vie, 825(6) : 36.

- FIRKET H. (1986), « Les effets à court terme des radiations ionisantes », Causes et conséquences de l’accident nucléaire majeur (envisagées aux plans technique et médical), actes du colloque de l’Université de Liège des 26 et 27 septembre 1986, Liège : 314-328.

- GOUTIER R. (1986), « Les effets à long terme des radiations ionisantes », Causes et conséquences de l’accident nucléaire majeur (envisagées aux plans technique et médical), actes du colloque de l’Université de Liège des 26 et 27 septembre 1986, Liège : 329-356.

- PANNETIER Raymond (1966), « Effets biologiques des rayonnements ionisants », Contrôle des rayonnements ionisants et mise en œuvre des techniques de protection. Vade-Mecum du technicien, I, Paris : non pag.

- Agence pour l’Energie nucléaire - Nuclear Energy Agency, « Chapitre V - Incidences sur la santé », dans Tchernobyl : Evaluation des incidences radiologiques et sanitaires, http://www.nea.fr/html/rp/chernobyl/fr/c05.html, 15 mai 2003.

- AURENGO André, « Tchernobyl : quelles conséquences sanitaires ? », dans Documents sur l’énergie et l’environnement, Association des écologistes pour le nucléaire, http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/TchernoJR-11_01-Aurengo/TchernoJR-11_01-Aurengo.htm, 23 mai 2003.

- HENRY N., VALETTE M., THIVENT F., « La radioactivité est-elle un danger pour l’Homme ? Effets sur la santé », dans Travaux Personnels Encadrés, Lycée Jean Sturm de Strasbourg, http://www.chez.com/radioetsante/effets1.htm, 20 mai 2003.

- TORBINE V., « Les conséquences médicales de la catastrophe de Tchernobyl », dans Colloque sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl (3-5 mai 1995), Centre universitaire d’écologie humaine et des sciences de l’environnement, Université de Genève, http://ecolu-info.unige.ch/colloques/Chernobyl/Pages/Torbine.html, 20 mai 2003.

Remerciements

Les photographies illustrant la présente notice sont celles de dessins d’enfants de la région de Tchernobyl. Elles ont été présentées en 2002 dans une exposition au siège du Parlement européen à Bruxelles, organisée sur l’initiative du Comité s’occupant des problèmes consécutifs à la catastrophe de Tchernobyl (Minsk), et à laquelle ASET fut aimablement convié par l’ambassade de Biélorussie à Bruxelles. Merci à Josine et André pour ces photographies.

Notes :

[1] Notons que les enfants sont les plus sensibles aux irradiations. En effet, pour assurer leur croissance, leurs cellules se reproduisent c’est à dire se multiplient davantage (ce phénomène est appelé par les biologistes la « division »). Or, les composants cellulaires participant à ces divisions sont précisément les éléments les plus sensibles aux effets des radiations.

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Philippe Tomsin

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