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Première publication : 28 février 2004
Actualisé : 23 janvier 2017

Extrait de Télépro n°2603 - 22/1/04 - pages 4 et 5

Les Enfants de Tchernobyl


Chaque année, pendant les vacances d’été, des dizaines d’enfants originaires du Belarus viennent en Belgique dans des familles d’accueil pour découvrir un autre monde et remplir leurs poumons d’air pur. Fortement touchés par les radiations dues à l’accident nucléaire de Tchernobyl, les Biélorusses sont aussi extrêmement pauvres. Des associations leur viennent en aide. Témoignages.

« Le nombre exact de victimes ne sera jamais connu, mais l’accident de Tchernobyl a libéré au moins cent fois plus de radiations que les deux bombes atomiques larguées sur le Japon », peut-on lire dans une brochure publiée par l’ONU, en 2000. « En termes de santé humaine, le pire reste encore à venir », estiment les auteurs.

Le 26 avril 1986, à Tchernobyl (Ukraine), une forte explosion détruit le réacteur n°4 de la centrale nucléaire, au terme d’un test de sécurité qui tourne mal. L’incendie qui s’ensuit vaporise les éléments radioactifs du réacteur dans l’atmosphère.

C’est le début d’une des plus grosses catastrophes écologiques de tous les temps. Portés par un vent du sud, les éléments radioactifs touchent de plein fouet le Belarus (ex-Biélorussie, au nord de l’Ukraine). A lui seul, le Belarus subit environ 70% de la radioactivité retombée sur les trois pays riverains de Tchernobyl.

Quelques 3,5 millions de personnes, dont plus du tiers sont des enfants, ont été affectées par le désastre qui a multiplié le nombre de cancer par 10 dans les zones contaminées. On évalue aujourd’hui entre 600 et 800.000 le nombre de personnes atteintes de vieillissement précoce, les leucémies infantiles ont augmenté de plus de 100% et les malformations de plus de 250%.

« Le souvenir de Tchernobyl s’estompe »

En février 2002, un rapport de l’ONU signalait que des millions de personnes continuent de subir les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. Mais, 1.800 km à l’ouest, en Belgique notamment qui s’en soucie encore ?

« Le souvenir de Tchernobyl s’estompe dans nos pays, les gens ont l’impression qu’il n’y a plus de problème là-bas et presque plus personne n’en parle. Pour cette raison, nous avons de plus en plus de difficultés à trouver des familles d’accueil », constate Josine Deru, présidente de l’association « Accueil-Santé - Enfants de Tchernobyl asbl ».

Depuis sa création en 1991, cette asbl (il en existe une vingtaine en Belgique) organise le placement d’environ 150 enfants, chaque été, dans les familles belges qui le désirent, pour un mois à l’air pur. Les plus jeunes ont 8 ans. Ils arrivent jusqu’ici accompagnés et en car, après un voyage de près de quarante heures (!) pour effectuer les 1.800 kilomètres séparant Minsk (la capitale du Belarus) de Liège. Deux autocars font le trajet en juillet, deux autres en août.

Les enfants viennent des régions les plus durement touchées par l’accident nucléaire : les villes de Gomel et Moguilev principalement. Mais ils ne sont pas contagieux ! « Le fait de vivre dans un environnement pur (ndlr : moins pollué que le leur en tout cas) et de manger de la nourriture saine leur fait le plus grand bien et les régénère pour le reste de l’année », explique Josine Deru. « C’est le plus beau cadeau que l’on puisse faire à ces familles biélorusses. Elles réalisent que leur enfants sont sauvés. Ceux-ci découvrent un autre monde, une autre culture. Mais ils sont attachés à leur région, leur maison et, surtout, leur famille. »

Sylvie Lejeune, de Verviers, son époux et leurs quatre enfants, en ont fait l’expérience.

« En juillet 1997, nous avons accueilli pour la première fois le petit Mikhaïl (ndlr : prononcez « Micha »), âgé de 8 ans », raconte-t-elle. « Il devait normalement se trouver dans une autre famille, mais la maman a été hospitalisée et nous avons décidé de le prendre. Il va avoir 16 ans et nous l’avons accueilli chaque année, pendant un mois. Pour nous, cela a été sept ans de bonheur, il fait partie de la famille et les enfants le considèrent comme un frère. »

Pour autant, les choses n’ont pas toujours été simples, surtout au début. « Il mangeait énormément, comme s’il craignait d’être ensuite privé de nourriture », poursuit Sylvie. « Il se servait aussi dans les armoires sans rien demander, ce qui n’a pas manqué de créer des conflits avec les autres enfants. Mais la deuxième année, c’était déjà beaucoup mieux et cela s’est encore amélioré les années suivantes. »

Les personnes qui ont déjà accueilli un enfant biélorusse insistent sur l’importance de garder un train de vie normal. « Il vaut mieux éviter de faire des dépenses inconsidérées ou de l’emmener dans dix parcs d’attractions différents pendant son séjour », constate Josine Deru, de l’asbl « Accueil-Santé-Enfants de Tchernobyl ». « Il risque d’être déstabilisé. Il faut y aller progressivement et installer les mêmes règles que pour les autres enfants ».

« Mikhaïl tirait vraiment une drôle de tête quand il a vu pour la première fois un distributeur automatique de billets ! De même que quand il est entré dans une grande surface », se rappelle Sylvie Lejeune. « Le fait d’avoir déjà des enfants a grandement facilité, je pense, l’intégration de Mikhaïl. La différence de langue n’est pas un obstacle. Au contraire, cela a provoqué des fous rires mémorables ! » Par ailleurs, l’association fournit un lexique (comprenant notamment une liste de mots français traduits en russe) et, en cas de problème plus sérieux, deux interprètes sont joignables à tout instant. Quand l’enfant retourne chez lui, il garde le contact avec sa famille d’accueil par courrier et, parfois, par téléphone.

Chaque année, Josine Deru se rend au Belarus pour effectuer le bilan de l’accueil de l’année écoulée. Elle en profite pour venir en aide à la population. « Nous leur apprenons à vivre un peu plus sainement, grâce à de petits réflexes concernant l’alimentation. Le problème est que, en raison de la pauvreté, même les aliments impropres à la consommation (fortement imprégnés au Césium 137 comme le lait, les champignons, les pommes de terre...) sont bien souvent mangés. En Biélorussie, on ne peut pas se permettre de jeter les aliments. »

Une pension de 50 € par mois - 100 € par mois en 2016

Selon la responsable, les médecins, ingénieurs et autres chefs d’usines biélorusses, une fois pensionnés, reçoivent 100 € par mois. « Après la catastrophe, l’État biélorusse a pris en charge l’indemnisation de certaines familles qui sont restées dans les zones contaminées. Mais en raison de la situation économique actuelle, il a décidé que certaines zones étaient redevenues propres et les versements ont été arrêtés. »

Les problèmes du Belarus ne sont donc pas uniquement d’ordre environnemental, loin de là. Ils sont aussi psychosociaux, économiques et politiques. Le régime est autoritaire, très proche de la défunte URSS. Sur le plan écologique, estiment certains experts, la situation pourrait revenir à la normale aux alentours de l’année... 2600.

Notes :

Remerciement à Télépro

Le comité d’Aset tient à remercier chaleureusement la rédaction de Télépro pour cet article qui a contribué à rappeler à de nombreuses personnes les conséquences toujours actuelles de la catastrophe de Tchernobyl. Grâce au Magazine Télépro davantage d’enfants biélorusses pourront être aidés et bénéficieront d’un séjour santé dans une famille belge.

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Laurent SMITZ

Télépro Magazine

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