asbl ASET

Aide humanitaire au Belarus

Association située sur le plateau de Herve

Belgique - province de Liège

Contactez-nous  -  tél/fax : 087/468993  -  GSM : 0476/484200

Niemen

La rivière Niémen à Mosti

Bienvenue

1001 façons d’aider

Agenda

Les Mémoires d’Aset

La Biélorussie

Plan du site   |   Sommaire  >   Les Mémoires d’Aset  >  Nos missions humanitaires  >   Mission en Bélarus du 22 au 30.09.2001.
aset [?] Imprimer un document...
Première publication : octobre 2001
Actualisé : 31 août 2002

Mission en Bélarus du 22 au 30.09.2001.


22.09.2001 :

Départ gare de Verviers à 16h34. Après les « au-revoir » très joyeux d’André Deru et Manu Delhaxhe (beau-fils de Marie-Thérèse) sur le quai de la gare, le train nous (Josine Deru, Marie-Thérèse et Fernand Collet) emmène en direction de Cologne, où nous arrivons à 17h47. Gare de Cologne, nous devons attendre un peu moins de deux heures ; aussi, nous en profitons pour faire quelques achats pour le voyage et nous tuons le temps devant une tasse de café. Vers 19h15, nous nous dirigeons vers le quai d’embarquement du train « Cologne-Moscou ». Renseignements demandés à la gare, la voiture 253 (que nous devons occuper) se trouvera en tête du train. Chargés de tous nos bagages, nous nous dirigeons donc vers le début de quai. Voici le train ! Malheureusement le renseignement n’était pas correct et c’est en toute hâte que nous devons remonter tout le quai pour enfin parvenir à notre wagon situé en queue du train. Quelque peu bousculés, nous montons nos lourds bagages dans notre compartiment 32-34-36 où nous nous installons aussi confortablement que possible pour notre voyage jusque Minsk. Le train quitte la gare de Cologne, il est 19h31. Notre soirée se déroule en discussions joyeuses, collation du soir et préparation de nos couchettes. Vers 22h, nous nous mettons au lit, mais nous avons du mal à nous endormir car nous sommes assez fortement secoués par les mouvements du train, et c’est seulement vers 23h30 que nous commençons à ronfler. Notre train de nuit nous conduit à travers toute l’Allemagne et, …

23.09.2001 :

A 4h20, nous sommes réveillés à grands coups donnés sur la porte de notre compartiment pour les contrôles douaniers à la frontière polonaise de Kunowice. Après un contrôle très rapide des passeports par les douaniers allemands et polonais, notre train repart. Il est 5h et nous nous rendormons assez rapidement. Le soleil est déjà bien levé et le ciel est bleu lorsque nous nous levons vers 8h. Après notre toilette du matin et un petit-déjeuner arrosé au café et thé, durant toute la matinée nous pouvons admirer les paysages de Pologne qui défilent devant nos yeux.

Voici Varsovie … il est 9h30. A 13h nous arrivons à la frontière Pologne - Bélarus de Térespol où nos passeports sont contrôlés. Nous repartons très vite pour Brest, frontière Bélarus où nous arrivons à 13h30 (heure de l’Europe de l’Ouest), car il est 14h30 (heure locale) ; nous réglons nos montres. Le soleil est toujours de la partie. Notre train se dirige vers le grand hangar où doit s’effectuer le changement des essieux du fait de la différence de l’écartement des rails entre l’Europe de l’Ouest et de l’Est. De notre compartiment, nous assistons à ce travail qui va prendre environ 2h30. A 17h nous repartons pour la gare de Brest. Nouvelles formalités douanières : contrôle des passeports, paiement de l’assurance médicale obligatoire et déclaration des devises. Après quelques problèmes posés par le montant important déclaré par Josine et l’intervention de la charmante hôtesse du train auprès des douaniers, nous quittons enfin Brest ; il est 17h30. Nous assistons au coucher du soleil et nous arrivons à Minsk, au terme de notre voyage. Il est 21h30, le temps est légèrement pluvieux, Valéry et Svetlana tout souriants, nous accueillent sur le quai de la gare et nous aident à décharger nos bagages. Après avoir fixé l’heure de départ du lendemain, Valéry nous conduit dans nos logements respectifs : Marie-Thérèse et Fernand chez Svetlana et Josine chez lui. Arrivés chez Svetlana, nous faisons connaissance avec la famille et passons une bonne nuit de repos.

24.09.2001 :

Il est 9h, le temps est couvert, il ne pleut pas. Valéry et Josine viennent nous chercher chez Svetlana ; nous allons en premier lieu payer la réservation des places pour le train du retour en Belgique, le 29.09 après notre séjour en Bélarus. Ce n’est qu’à la troisième adresse, après 35 minutes de recherches, que nous arrivons enfin dans la bonne agence où nous réglons les 55$ nécessaires pour la réservation de nos places dans le train. Nous retournons ensuite chez Svetlana afin de récupérer nos valises car nous partons pour notre périple de deux jours dans le sud de la Bélarus, pour la visite des différents établissements qui nous ont demandé de l’aide. Après un bref passage par la Maison de la Culture, il est 10h20 lorsque nous quittons Minsk et empruntons la route A243 en direction de Kopatkevitchi, notre première destination. Sous un ciel légèrement couvert, notre voyage se déroule sans problèmes. Nous roulons sur une route sans relief, presque rectiligne, bordée tantôt de forêts, tantôt d’immenses prairies où paissent les troupeaux de vaches maigres des kolkhozes. Des panneaux routiers nous indiquent l’existence de villages que nous ne traversons pas. Au bord de la route, des personnes vendent champignons des bois et airelles aux voitures de passage. De temps à autre, le long des bois, des aires de repos joliment aménagées nous invitent à quelque moment de détente ; et nous pouvons admirer des arrêts de bus très originaux et particulièrement bien décorés. Au passage, à quelques kilomètres de notre route, nous apercevons les villes de Sloutsk et de Soligorsk. Vers midi, nous mangeons notre déjeuner dans la voiture. Vers 13h, après un petit arrêt pour nous dégourdir les jambes, à hauteur de Mixhnovitchi, nous empruntons la route M13 en direction de Kalinkovitchi. Dans un paysage presque immuable, nous roulons encore environ 90kms ; nous bifurquons ensuite vers la gauche pour arriver enfin, à 14h10, à la maison de retraite de Kopatkevitchi où nous sommes accueillis très gentiment par la directrice, son mari sous-directeur et la trésorière de l’établissement. Dans la Province de Gomel où nous nous trouvons, il existe : 3 établissements du même type, 2 pour enfants à problèmes et 6 pour enfants handicapés profonds. Cet hospice, construit en 1964, en pavillons séparés, a été transformé en 1986 en un grand complexe actuel. Il héberge 310 personnes et affiche complet ; 70 personnes figurent sur une liste d’attente. Les membres du personnel sont au nombre de 120, dont 60 infirmières. Il n’y a pas de médecin dans l’établissement ; 2 personnes dites « médecins », soignent les patients. Elles possèdent un diplôme d’un niveau entre médecin et infirmière. L’établissement accueille les personnes âgées : 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes. En plus, des jeunes invalides (à partir de 18 ans) ayant des problèmes psychiques, et qui sont appelés « leurs enfants », sont également acceptés dans cette maison. L’Etat subsidie l’établissement. Les personnes âgées qui entrent dans cette maison de retraite versent chaque mois leur pension à l’Etat ; 10% ( +/- 2,5 à 3$) leur sont restitués comme argent de poche ; les invalides de guerres en reçoivent 25% (+/- 5$).

A leur arrivée, les pensionnaires viennent sans effet personnel ; ils vendent ce qu’ils possèdent et viennent avec leur argent. Les opérations chirurgicales, principalement de la cataracte, sont effectuées dans un petit hôpital situé en dehors de l’établissement ; à l’hôpital de Gomel s’il s’agit d’une opération plus importante ; et à Minsk en cas d’opérations graves. La direction de l’établissement nous fait visiter les locaux et leurs installations, entre autre : l’infirmerie ; un cabinet dentaire (hors service) ; la salle des piqûres ; le local où s’effectuent les analyses d’urines et de sang ; la salle de kinésithérapie ; la salle de rééducation (matériel : 2 espaliers et, … rien d’autre) ; la salle d’accueil, où les personnes sont mises en quarantaine durant 2 semaines afin d’éviter les maladies et de les familiariser avec la maison (l’adaptation est difficile) ; la salle de douches (une par étage, 3 au total), pas de lavabo dans les chambres ; la cuisine où les pensionnaires peuvent individuellement se préparer des « petits plats » ; le salon de coiffure ; la chapelle ; la salle TV ; la cuisine et le réfectoire.C’est avec beaucoup d’attention que nous visitons les chambres et discutons avec un bon nombre de personnes âgées, toutes très sympathiques, très souriantes, heureuses de notre visite et nous remerciant à l’avance pour l’aide que nous pourrons leur apporter. C’est avec grand plaisir qu’elles nous montrent les couvertures tricotées, envoyées par ASET et qui garnissent leurs lits. Le personnel et la direction nous expliquent qu’ils traitent ces personnes avec gentillesse et essaient de s’occuper d’elles comme d’une grande famille. En Bélarus, la loi prévoit que, via un jugement, les enfants voulant ne pas subvenir aux besoins de leurs vieux parents, peuvent répudier ceux-ci. La réciproque est également vraie. Nous constatons un manque flagrant de matériel indispensable au bon fonctionnement d’un tel établissement et l’état de vétusté du matériel existant. La maison de repos possède 45 hectares de terrain et souhaite acquérir un tracteur afin de cultiver la terre et produire ainsi sa propre récolte en légumes nécessaires à l’établissement. Le coût d’un tracteur s’élève à 11.000 $ dont 50% peuvent être financés par la maison grâce à la vente de leur bétail et de leur basse-cour. La direction nous fait part des différents besoins urgents et nécessaires. Après notre visite, un délicieux repas nous est offert par la direction de l’établissement. Il est 17h15, nous remercions nos hôtes pour leur hospitalité et leur grande gentillesse et prenons ensuite congé d’eux avant de reprendre la route qui doit nous mener à Xhoïniki. A 18h30, nous traversons Kalinkovitchi et nous nous dirigeons vers Xhoïniki où nous arrivons vers 19h. Iryna et son papa nous attendent sur le bord de la route. Après de chaleureuses embrassades, nous les suivons jusque chez eux à Vit (petit village) où ils nous offrent l’hospitalité et le couvert.

25.09.2001 :

Après un copieux petit-déjeuner, nous remercions très chaleureusement la famille Vinnik (échange de cadeaux) et prenons congé d’eux—. Iryna nous accompagne pour nous guider chez son beau-frère policier qui a promis de nous faire visiter les villages évacués de la zone contaminée par Tchernobyl et nous conduire jusqu’à la frontière de la « zone interdite ». Il est 8h30, le ciel est gris, un petit vent froid souffle sur la campagne (il a gelé la nuit). Marie-Thérèse franchit le seuil de la porte et tombe sur le paillasson ; elle se foule le pied gauche et a quelques difficultés pour marcher. Nous prenons néanmoins la route pour nous rendre à Dvoristse chez les beaux-parents de la sœur d’Iryna où le beau-frère n’est toujours pas rentré de son travail. Nous l’attendons quelques instants et c’est finalement le papa qui nous sert de guide. Il est 9h15 lorsque nous arrivons à Roudvkov village fantôme, vidé de ses habitants évacués par les autorités. Seul le vent rompt un silence lugubre qui plane sur ces lieux déserts. Les maisons tombent en ruine, la végétation reprend le dessus et envahit jardins et maisons. Quelques personnes âgées n’ayant pas voulu quitter leur maison vivent toujours, tant bien que mal, dans cette zone contaminée. Nous croisons une vieille dame, mariée depuis peu, qui nous raconte sa misère et ses difficultés pour essayer de « survivre ». En ces lieux, nous comprenons davantage les conséquences de cette terrible catastrophe de Tchernobyl.Nous continuons notre route vers la frontière de la « zone interdite » située à quelques kilomètres du village. Il est 9h30 lorsqu’un militaire, gardien de la zone, nous arrête à cette frontière interdite. Il nous raconte que, dans le village situé un peu plus loin dans cette zone, 18 femmes âgées vivent toujours misérablement dans leur maison ; et leurs enfants, munis d’une autorisation spéciale, leurs apportent vivres et nourriture. Nous rebroussons chemin et au passage nous nous arrêtons, à l’orée d’un bois, dans un joli petit cimetière particulièrement bien fleuri, où reposent toutes ces pauvres personnes, victimes de la catastrophe. Nous regagnons Dvoristse pour y déposer notre guide. A 10h, après avoir remercié toute la belle-famille de la sœur d’Iryna, nous reprenons la route en direction de Bobrouïsk, notre prochaine étape que nous atteignons à 12h30. Nous montons à pied les sept étages d’un building délabré : les carrelages des façades tombent, toutes les vitres des paliers sont cassées et les communs sont dans un état lamentable. Nous arrivons chez la maman de la petite Léna, qui nous reçoit très gentiment. Léna, qui est présente, ne veut plus venir dans sa famille d’accueil en Belgique. Josine et la maman discutent longuement pour essayer de cerner le problème de la petite Léna, afin de pouvoir y apporter une solution. Sa maman nous invite à partager son déjeuner et, à 14h15, nous prenons congé d’elle et de sa petite fille. Notre prochaine étape nous conduit au kolkhoze de Xholstovo que nous atteignons à 15h30. Nous sommes accueillis à bras ouverts par Natacha, la maman et par Iryna qui nous expliquent les nombreuses difficultés rencontrées pour simplement « survivre ». A ce propos, nous visitons un misérable petit building où toutes les vitres des fenêtres sont cassées et certaines remplacées par des feuilles de plastique. C’est en cet endroit que vit une famille dans une misère indescriptible : parents et 4 enfants y vivent dans un petit appartement crasseux, sans électricité (faute de paiement des factures). Les parents et les enfants dorment tous dans la même chambre qui sert à la fois de living, salon et chambre à coucher. Pour l’instant, deux des enfants sont en observation dans un sanatorium. Le papa s’occupe normalement des 2 chevaux du kolkhoze mais, actuellement, il ne travaille plus. Lorsqu’il travaille il gagne 7$ par mois ! La maman reçoit une petite pension d’invalide. Que faire pour ces gens malheureux ? Comment éradiquer une telle misère ? Jamais nous n’avons vu tant de pauvreté ! Natacha nous fait également visiter le magasin du kolkhoze où elle travaille. Pauvrement achalandé : un peu de tout mais pas grand chose ; seul le rayon « vodka » est bien garni ! A 17h10, après un chaleureux au-revoir et quelque peu démoralisés, nous quittons ce « lieu de misère », cet endroit qui nous fait penser à des scènes d’un film sur le Moyen-Age. Nous nous dirigeons vers Moguilev. Sur le trajet, nous passons à côté d’un lac ; des pêcheurs assis au bord de la route vendent des poissons frais suspendus au bout d’un bâton. Et, comme la veille, le long des bois, les habitants présentent les champignons récoltés dans la forêt. A 18h30, Boris, le directeur de l’école d’enseignement spécial de Moguilev nous accueille avec beaucoup de gentillesse. Il nous fait part des travaux effectués à l’école durant les vacances (changement des planchers) et nous parle des difficultés qui vont surgir lors de l’arrivée du convoi et de la distribution de l’aide humanitaire : problème pour garer et abriter la voiture et le camion ; problèmes d’ordre bureaucratique (signatures des responsables et du président biélorusse), problème de stockage des colis. Suite à la carence de Johan l’an dernier, et qui avait provoqué un retard considérable dans la distribution des colis, Boris procèdera lui-même cette année à la distribution. Afin d’éviter les fraudes, il convoquera la famille, munie de son passeport et fera signer une décharge. Au nom de ASET, Josine remet à Boris 1300$ en vue de l’achat de deux PC et d’une imprimante.Mais comme il ne peut payer lui-même en liquide cet achat, il versera le montant exact de la facture à la banque, payera la facture et remettra la différence à André Deru lors de son passage avec le convoi fin octobre. Boris nous invite ensuite à passer une agréable soirée dans une maison des jeunes récemment aménagée où nous partageons un repas succulent et bien arrosé. Il est tard lorsque nous remercions et prenons congé de Boris pour regagner l’internat que Valéry nous a « décroché » afin d’y passer une nuit réparatrice bien méritée.

26.09.2001 :

Nous quittons, à jeun, l’internat à 8h pour nous rendre, toujours à Moguilev, à l’hôpital de traumatologie enfantine où notre entrevue avec le médecin-directeur débute à 8h30. Il nous fait visiter son service et nous fait part de ses desiderata. Il souhaite que ASET accueille et prenne en charge, en Belgique, durant 2 semaines, 2 ou 3 médecins en vue d’effectuer un stage de formation dans un centre hospitalier comme CHU, Citadelle ou autre. Il nous fait part de ses besoins. Valéry insiste pour que Marie-Thérèse fasse examiner son pied (bleu et enflé) par le médecin afin de connaître l’ampleur des dégâts. Après examen et radiographie du pied, le docteur décèle une déchirure, mais pas de cassure. Il bande le pied et rassure Marie-Thérèse de pouvoir continuer son périple en Bélarus. Il est 10h lorsque nous prenons congé de l’hôpital de traumatologie et de son directeur. Nous reprenons la route qui nous ramène à Minsk où nous arrivons à 13h30. Très rapidement nous prenons notre déjeuner chez Svetlana et ensuite, accompagnés de Léna, nous nous rendons « Place du Tertre », afin d’y acheter l’artisanat destiné à nos marchés de Noël. A 18h, nous retournons à la Maison de la Culture pour y déposer notre « butin » et ensuite, avec Valéry accompagné de son épouse, nous nous dirigeons vers l’Opéra où nous assistons à 19h, au magnifique ballet : « La Création du Monde ». Il est 21h30 lorsque nous rejoignons nos pénates. Svetlana nous sert un dîner bien ravigotant, sa maman nous montre des photos de la famille et il est assez tard lorsque nous allons nous coucher, heureux de notre journée bien remplie. Depuis notre départ de Minsk le 24.09, nous avons parcouru plus de 1200 km durant notre circuit qui nous a permis de découvrir une grande partie du Sud-Est de la Bélarus.

27.09.2001 :

Notre mission n’est pas terminée ! Valéry vient nous chercher chez Svetlana, il est 08h45. Nous passons à la Maison de la Culture où nous attend Oxana, inspectrice du Ministère de l’Education nationale, qui nous entretient des maisons d’accueil pour enfants abandonnés ou retirés de leur famille. Elle nous apprend que : depuis 2 ans, 16 maisons existent dans la Province de Minsk. Ces maisons accueillent les enfants abandonnés ou retirés de leur famille pour différentes raisons, principalement : parents tuberculeux ou alcooliques. Le retrait de l’enfant de sa famille s’effectue principalement suite à un constat de l’école fréquentée par l’enfant et qui, via la police, demande au Ministère de l’Education Nationale, le placement en maison d’accueil. Parfois, certains enfants maltraités viennent eux-mêmes demander à entrer dans ces établissements. Les voisins peuvent également être à l’origine de ce retrait. Le séjour de l’enfant en maison d’accueil est de 6 mois. Après ce délai, un retour à la maison est possible si les conditions de vie au sein de sa famille sont plus favorables ; sinon, l’enfant est placé en internat. Suite à un jugement du tribunal, les parents peuvent être déchus à vie de leur droits parentaux et l’enfant placé dans un orphelinat, jusqu’à 16 ans. Dans ces cas, les parents ont cependant la possibilité de rendre visite à leur enfant les week-ends. Et si le comportement des parents change, ils ont la possibilité, après un nouveau jugement, de récupérer leur enfant. Toutes ces dispositions sont actuellement à l’essai et chaque maison accueille un maximum de 10 à 15 enfants.Oxana nous signale également qu’il existe 33 orphelinats dans la Province de Minsk dont 5 pour enfants malades, 5 pour bébés, 23 pour enfants jusque 16 ans. Après toutes ces informations, nous nous mettons en route, accompagnés de notre inspectrice, pour nous rendre à la maison d’accueil pour enfants abandonnés de Gaïna. Au nord de Minsk, la route A245 que nous empruntons nous fait découvrir des paysages différents des jours précédents ; le soleil nous accompagne, la région est plus vallonnée et nous apercevons même une station de ski. Il est 10h40 lorsque nous découvrons les enfants jouant dans le jardin devant la maison d’accueil. Ce centre héberge actuellement 12 enfants : 2 de 3 ans et 10 de 4 à 15 ans. Le séjour étant de 6 mois maximum, la population enfantine est en changement continuel. 5 personnes s’occupent des enfants : 2 à temps plein et 3 à mi-temps. Madame Natalia Skamaroxha, la directrice est heureuse de nous accueillir et nous fait visiter l’étage du bâtiment occupé par la maison d’accueil, le rez-de-chaussée étant réservé à un jardin d’enfants de 3 à 5 ans. Nous visitons un assez grand local que la direction voudrait couper en deux afin d’y aménager une classe et un réfectoire. Ensuite, nous arrivons dans un local qui sert de salle de jeux. Nous visitons la salle de bain et les sanitaires (les W-C sont dépourvus de chasses), le local réservé au personnel, le dortoir des filles et celui des garçons. Notre visite nous conduit au rez-de-chaussée, dans le jardin d’enfants, où une salle de bain attire notre attention. Le plafond de ce local est rempli d’humidité provoquée par les fuites dans les canalisations d’eau de l’étage et qui sont encastrées dans le béton. Afin d’éviter ces problèmes, certaines tuyauteries ne sont plus utilisées à l’étage. Nous entrons ensuite dans la salle de musique et de gymnastique, la classe d’éveil et pour terminer la cuisine utilisée à la fois par le jardin d’enfants et le centre d’accueil pour enfants abandonnés. La directrice nous explique que les menus sont différents car, les enfants du jardin d’enfants retournant chez leurs parents tous les jours, leur menu est moins conséquent. Le centre d’accueil pour enfants abandonnés a été ouvert cette année et les besoins pour son aménagement sont nombreux. Le revêtement du sol très abîmé doit être remplacé. Un agréable déjeuner nous est offert. Nous le partageons avec la directrice et l’homme à tout faire du centre d’accueil. Nous prenons congé de Natalia et des enfants, et nous reprenons la route en direction de Borissov-Village où nous allons visiter un internat pour enfants dont les parents sont tuberculeux. A 13h40, Igor le directeur de l’orphelinat, en un français impeccable, nous invite à visiter son établissement construit en 1961 et qui héberge 160 enfants de 7 à 16 ans. Ces jeunes, fragiles des poumons et dont, pour certains, les parents sont tuberculeux, ne sont pas malades mais sous surveillance et 4 médecins attachés à la maison veillent sur leur santé. A notre entrée, nous sommes surpris par l’état vétuste des vestiaires. Accompagnés par Igor, nous entrons dans le réfectoire où des enfants tout joyeux mangent leur déjeuner. Nous visitons ensuite les classes, la salle des professeurs, la salle d’étude et les dortoirs où les enfants font la sieste. Malgré les nombreux besoins, nous constatons que l’établissement est bien tenu. Dans un bâtiment annexe nous visitons la buanderie où 3 personnes lessivent et repassent 50kgs de linge par jour. Les machines à lessiver sont dans un état lamentable, le « séchoir » a été bricolé par la maison et les dames utilisent toujours deux anciens fers à repasser électriques. Dans le jardin, nous jetons un coup d’œil sur la serre recouverte de plastique à la place de vitres. Tout en nous énumérant les besoins de l’internat, le directeur nous invite à revenir un peu plus longuement une autrefois. A 15h30, nous quittons Borissov-Village, l’orphelinat et son dynamique et non moins sympathique directeur pour emprunter le chemin du retour à Minsk. Nous profitons de notre passage à Borissov pour visiter, durant une trentaine de minutes, un centre culturel international pour enfants des pays de l’Est, installé dans une ancienne synagogue. La très aimable directrice nous fait découvrir les splendides et originaux travaux des élèves, tout en nous faisant visiter très rapidement les locaux. Mais pris par le temps, nous devons regagner Minsk où nous arrivons à 17h15.Valéry nous dépose devant le bureau de Svetlana qui nous invite à découvrir son lieu de travail.En taxi, nous nous rendons au cirque pour 19h, où nous assistons à un merveilleux spectacle de dressages, équilibristes, jongleurs et clowns qui font notre admiration, et plus spécialement le clou du spectacle, un numéro de dressage de tigres évoluant sur d’énormes sphères métalliques. En fin de soirée, nous regagnons l’appartement de Svetlana où, après un bon dîner et échange de propos, nous allons nous reposer.

28.09.2001 :

Matinée libre. Nous en profitons pour effectuer quelques achats personnels et inviter Julie (interprète connue précédemment) à nous retrouver, avec Svetlana, pour fraterniser et prendre de ses nouvelles. Deux petites heures pour évoquer des souvenirs et parler des projets futurs. Nous retournons à la Maison de la Culture avant de nous rendre, accompagnés par Josine, chez Anastasia et ses parents qui nous ont invités pour le déjeuner. Une table merveilleusement garnie nous attend, à 14h, lorsque nous entrons chez eux. Accueil très chaleureux, plats savoureux, ambiance très conviviale et sympathique, nous passons un après-midi des plus agréables. C’est à regret, qu’à 17h30, nous devons quitter nos hôtes pour retourner à la Maison de la Culture où nous assistons à 18h, à l’Assemblée Générale de « Santé », notre association partenaire. Après cette excellente réunion de travail, notre association partenaire nous invite à partager un buffet froid préparé et offert par leur comité.

29.09.2001 :

Accompagnés de Valéry et Svetlana, il est 8h30, nous attendons le train du retour sur le quai de la gare de Minsk. Tania nous y rejoint pour nous dire au-revoir. Le train annoncé avec retard entre finalement en gare. Nous attendons que notre voiture soit accrochée au train et, après les dernières embrassades, nous montons dans le compartiment. Avec un retard de 20 minutes, le train enfin s’ébranle. Un dernier signe de la main vers nos hôtes qui nous ont si bien accueillis, puis nous nous installons aussi confortablement que possible pour le voyage du retour. Les changements des essieux du train à Brest, les contrôles aux passages des différentes frontières, la nuit passée dans notre wagon-lit où nous avons goûté à un repos bien mérité, tout cela c’est bien passé et notre retour se déroule très calmement.

30.09.2001 :

Il est 12h30, nous arrivons en gare de Verviers ; André et Geneviève Deru et Pascal Collet sont là pour nous accueillir. La tête remplie de souvenirs, contents d’avoir rempli la mission qui nous était confiée, nous sommes heureux de rentrer chez nous ! Nous n’oublierons jamais cette semaine passée dans ce pays où la catastrophe de Tchernobyl a provoqué tant de dégâts de santé parmi la population et où, dans certaines régions, pauvreté et misère se vivent au quotidien.

Post-Scriptum :

Extrait de notre périodique trimestriel "Nadièjda" n°17 - novembre 2001

contactez-nous !.
Fernand Collet,

Famille d’accueil

Accueil - Santé - Enfants de Tchernobyl a.s.b.l.       www.aset.be
Siège social : rue du Bief, 37 B-4652 Herve - tél/fax : 087/468993 - Compte : BE75 0682 1667 1351