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24 août 2007

Une histoire d’amour...


Cela s’est passé au cours de l’hiver 2004-2005, je rentrais d’un long voyage en Italie et en Espagne où je livre habituellement du chocolat. Dominique m’attendait, ravie, impatiente, un peu fébrile, comme d’habitude, à l’idée de nos retrouvailles pour un trop court week-end. Toute la journée, elle avait fait briller notre nid douillet, fait les commissions et préparé amoureusement un succulent petit plat à déguster en amoureux. Très vite nous nous retrouvâmes à table à échanger les nouvelles de ces dix jours de séparation. Au bout de quelques minutes elle me montra le journal local, en me disant : « J’ai vu une annonce, intéressante, j’y ai répondu et j’ai rendez-vous, mais j’aimerais savoir ce que tu en penses avant d’aller plus loin. »

Un seul mot du titre suffit à me mettre sur la bonne longueur d’ondes : Biélorussie

Sans avoir besoin de lire le petit article j’avais compris, et une joie intense me remplit le cœur. Nous connaissions l’existence de cette catastrophe, et des conséquences dramatiques pour les populations locales, ainsi que pour toute la zone géographique couverte par les retombées du nuage radioactif. Nous savions que des organisations s’occupaient d’accueillir des enfants, mais sans plus. Plusieurs fois dans le passé nous avions participé à des aides internationales par ONG interposées, mais avec une certaine frustration et même déception quant à la certitude d’avoir été utiles.

Cette fois, nous allions pouvoir agir concrètement, physiquement, en direct, associer un nom et un visage à notre action, donner une aide matérielle, culturelle, mais aussi et peut- être surtout, affective à un enfant. Cette fois, nous allions vraiment avoir les cartes en main pour lui apporter des chances en plus pour une vie meilleure.

En route pour l’aventure...

Et nous voilà, en trois coups de cuiller à pot, embarqués dans l’aventure... Premiers contacts avec Josine et André : des gens sympas, agréables, polis, discrets, accueillants, disponibles, (à quel point, nous nous en apercevrons très vite !) compétents (des gestionnaires au top !) clairvoyants, .............................. (ces quelques points de suspensions pour vous permettre de compléter vous mêmes quand vous aurez appris à les connaître ; même un tout petit peu !

Brefs, convaincus, et mêmes enthousiasmés, nous nous retrouvons embrigadés dans la préparation de la soirée du mois de mai au cours de laquelle nous comprendrons que nous faisons partie d’une grande famille de gens de bonne volonté. Si vous saviez comme c’est agréable de partager des idées et des envies positives au sein d’une action commune, entourés de gens qui ne se posent pas de questions, qui ne critiquent pas, qui ne se plaignent pas, qui ne jalousent pas, qui ne comptent pas leur temps, mais qui pensent, parlent, agissent, tranquillement, efficacement, et, avec le sourire en plus !

« notre » petite fille

Ca y est, nous savons déjà son nom : ce sera Anastasia, diminutif Nastia ; elle viendra en août, elle aura à ce moment 7 ans et demi, c’est la première fois qu’elle quitte sa famille. Cela va être un peu dur, car ce n’était pas du tout prévu, mais, le hasard a mis une superbe maison en vente à 200...mètres de chez nous, et nous allons déménager le week end du 15 août. Il nous reste deux mois pour tout organiser et préparer. Ces deux mois vont à la fois se révéler très courts pour tout faire, et très longs, tellement nous avons hâte de faire connaissance avec « notre » petite fille.

Nous en parlons à la famille, aux voisins, aux amis, et, oh joie, unanimement, nous ne rencontrons que des étonnements, des encouragements, des félicitations, des demandes de renseignements. Tous veulent pouvoir aussi faire quelque chose, la recevoir, lui offrir un cadeau, rassembler des choses utiles pour envoyer là-bas, certains demandent même pour contacter directement l’organisation pour envisager un accueil l’an prochain.

« Y a comme ça des choses qui vous réchauffent le cœur ! »

Nastia arrive

Vendredi 29 juillet : Encore une fois dormir, puis c’est le grand jour !
Samedi 30 Juillet : Il est 14h45, nous allons bientôt pouvoir téléphoner pour savoir quand le car arrive... Dring !!! Allo ! Bonjour André, ... Quoi ! ? ELLE EST DEJA LA ! Nous arrivons de suite ! Pff, Visé - Herve ; qu’est ce que c’est long parfois... Parking plein de voitures, le car est là, mais pas un chat dehors, tout le monde est déjà entré. La cafétéria par contre est pleine, les parents d’accueil assis dans la salle, Les enfants assis sur la scène, avec Josine qui vient de commencer son speech de bienvenue et qui explique qu’elle va libérer d’abord les enfants qui sont déjà venus précédemment, car ils connaissent leur famille, et les formalités sont plus rapides ; viendront ensuite les « petits nouveaux »... Il reste maintenant une dizaine d’enfants sur la scène, et voilà que nous nous prenons, ma femme et moi, à deviner laquelle va être Nastia. Sera-ce cette petite blonde, ou cette jolie brunette aux deux tresses à la « Fifi brin d’acier », ou encore, ...

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Nastia à Coo

Anastasia, Moroszowa : ça y est c’est notre tour !

Diable ce qu’elle est jolie, ce qu’elle est grande pour son âge, ce qu’elle a l’air costaud... Pendant ces quelques secondes où nous nous approchons, Nastia nous regarde droit dans les yeux, mais un peu par en dessous quand même : normal, elle doit se poser pas mal de questions en ce moment. Les présentations sont vites faites, nous recevons son passeport et quelques consignes, puis nous dirigeons vers une table où nous attend une jeune interprète.

Bon dieu quelle émotion !

Où sont passées toutes ces choses qu’on voulait lui dire d’emblée, qu’on voulait lui demander : pas de problème de santé, pas de médicaments, pas de contre-indications alimentaires, pas d’allergies, dort-elle seule dans sa chambre ? aime-t-elle les animaux ? (nous avons 2 chiens, un chat et un lapin) Sourire et exclamation du style « oh oui alors ! Ah ! bien ! petite fille spontanée, c’est une très bonne chose. Sais-tu nager ? non, alors aimerais-tu apprendre ? je suis professeur de natation. Etonnement, Sourire, Ouais, gagné ! Allez, on y va !

Tout de suite dans le bain...

Dans l’auto, elle nous parle à plusieurs reprises, et c’est alors que, oh ! rage oh ! désespoir, nous mesurons un peu plus concrètement les difficultés de communication qui nous attendent : aucune similitude avec les langues que je parle couramment dans mon métier. Va falloir être inventif ! Espérons qu’elle aura suffisamment de matière grise, de volonté et de patience.

Le tour du propriétaire

On arrive, présentation des animaux, ça se passe très bien, mais un peu de crainte avec Max(c’est notre Berger Allemand, 45Kg, doux comme un agneau) qui en impose par sa stature. Par contre Scott, petit terrier de 8 kg tout blanc avec le bout des oreilles café crème et de longs sourcils de séducteur remporte la palme, en lui offrant son jouet préféré. Et c’est parti pour une première poursuite endiablée dans le jardin...

Les premiers mots de Belgo-Russe

Visite de la maison, grands yeux étonnés, et concentration, pour essayer de comprendre et se souvenir sans doute. Entrée dans sa chambre, et là, elle a un mot, un seul, immédiat, calme mais si expressif et si mondialement compréhensible : « Woaaaw ! » Alors elle ouvre son sac, et en sort les cadeaux que ses parents nous adressent : trois petits chemins de table, et un grand cygne en paille tressée. Oh Merci Nastia, Merci Beaucoup ! Ce sera le premier mot qu’elle saura répéter ; suivront rapidement beaucoup d’autres, car notre petite, petite ? Non, notre grande fille est très volontaire, débrouillarde, observatrice, douée pour un tas de choses, spontanée et mesurée à la fois, exigeante aussi, quand elle a une idée en tête... Bref, nous avons l’immense chance d’héberger une enfant pleine de vie, bien dans sa tête et dans son corps, affectueuse (maman et papa lui manquent énormément, mais elle semble apprécier caresses, bisous et tout ce qui peut être témoignage d’affection), et pleine d’humour... Cela aide vachement !

Premiers pas

Premier bain, pas de problème, mais doucement sous la douche, tout, mais pas la figure. A l’avenir, vous allez voir ça va changer !
Premier repas, on aura vite compris qu’elle adore la viande et les fruits, les patates saucées, les pâtes seront une véritable révélation de même que les frites. Les légumes ce sera plus dur, mais elle acceptera presque chaque fois de goûter, et finira par en reprendre de plus en plus souvent.
Première nuit, avant de dormir nous lui offrons un livre de jeux et de coloriages ainsi qu’une boîte de crayons de couleurs : ravissement ; on se laisse aller et elle nous fait 5 pages d’affilée ! Elle tient remarquablement son crayon et comprend très vite les jeux proposés. Et puis elle va dans son sac et elle sort un album avec une trentaine de photos, et la voilà qui nous explique sa famille son école sa visite au cirque... et il est 22h30 quand nous quittons la chambre, refaits comme en l’an 40 !... mais heureux et gais comme des pinsons. Diable de petite fille, nous t’aimons déjà ! Dimanche 31 juillet : 07H30... devinez qui nous arrive, toute éveillée, toute habillée ! Et nous toujours au lit avec un œil dans le coussin. Ben Y a Ka... Heureusement, elle vient nous rejoindre sous la couette, mimiques, sourires, elle se vautre entre nous deux, nous raconte un tas de choses... qu’on ne pige pas, et puis elle se rendort et on se fait une bonne grasse matinée de derrière les fagots.

Tradutore, Traditore et ses dérivés

Les trois ou quatre premiers jours, nous éprouvons de réelles difficultés de communication, car nos langues respectives sont vraiment trop différentes ; ajoutez à cela la différence d’alphabet. Permettez-nous de vous suggérer chaudement l’achat d’un bon dictionnaire qui reprend traduction dans les deux sens et phonétique, car, contrairement à l’Italien par exemple, le russe ne se prononce pas forcément et même pas souvent, comme il s’écrit. Nous avons été pris de court, et à ce jour n’avons pas de référence à vous proposer, mais on va s’y mettre !

Le vélo de Barbie

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Le vélo de Barbie

Ces premiers jours sont plutôt riches en activités de toutes sortes : Achats de quelques vêtements et linge de corps (elle sait ce qu’elle aime et sait très bien se faire comprendre), présentation à la famille, ballades multiples avec les toutous (elle adore ça), ballades à vélo dans le quartier (Merci monsieur LHOMME !) En effet, un monsieur qui répare et vend des vélos d’occasion après journée nous a prêté gracieusement un vélo pour tout le mois dès qu’il a su pour qui c’était. Et pas n’importe lequel : un vélo rose avec des pneus blancs comme Barbie ! Si vous aviez vu la tête de Nastia, ça valait le voyage.

Ploufff

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Plouff (ou presque)

Aujourd’hui, première visite à la piscine : à première vue, elle n’a pas été souvent dans un établissement sportif. Qu’à cela ne tienne, nous allons voir... et on a vu ! (Je ne sais plus très bien qui a dit : vedi,vini et elle a aussi vici !...) C’est d’abord, comme pour chaque nouvelle situation inconnue, de l’étonnement et de la concentration (elle fronce les sourcils, puis elle ouvre tout grand les yeux quand elle a compris, et puis souvent il y a le woaaw qui revient) elle confronte à la vitesse grand « V » ses capacités, ses limites, sa prudence naturelle, à ce qu’elle reconnaît comme connu, inconnu, dangereux ou pas, attractif ou le contraire : le pied pour un prof de natation d’avoir affaire à un gosse comme ça ! Et en plus, elle se fait une douce violence, chaque fois qu’elle a un peu la trouille de faire ce que je lui propose, et ce qu’elle voit faire par d’autres gosses à proximité. (Pas con le prof, il lui demande toujours des trucs en rapport avec son niveau et celui des gosses juste à côté ; ça marche à tous les coups !) Toujours prête à relever un défi la canaille ! Et les résultats suivent : nous sommes allés 13 fois à la piscine. A chaque fois, environ 10 à 15 minutes de « leçon » et 30 à 40 de jeux en tous genres. Résultat : mademoiselle Nastia fait des cabrioles au toboggan, pêche des anneaux dans 1m20 de fond, sait se coucher en équilibre sur le dos et le ventre, traverse la longueur (25m) sans s’arrêter avec une planche, et saute seule du plot de départ en grande profondeur et revient seule au bord. Bref, elle est prête à apprendre à nager en 200 minutes de « travail », d’un enseignement très spécial, avec langage gestuel presque exclusif. Je suis extrêmement heureux pour, et fier de, mon élève ! Quant à mon élève,... elle n’arrête plus de me casser les pieds en regardant l’horloge et en disant « Jean-Luc, à 4 heures, nager ! »

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nage en immersion, correction s diverses, Nastia est bientôt prête à nager.

Holà, j‘ai l’impression que ça commence à faire longuet mon... témoignage ; bast, je continue, j’ai tant de bonheur à partager. Vous êtes libres de m’accompagner ou non jusqu’au bout, pas vrai ?!

Suivez le guide, la visite n’est pas terminée

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Bokrijk

Un parc tout simple, pour une journée mémorable. Nastia accompagnée par deux petits neveux de son âge, gais et agiles comme des cabris s’en est donnée à cœur joie de 11h à 19 heures. C’était un véritable bouquet de courses, d’escalades, de glissades, de châteaux de sable, de poursuites dans les voitures électriques et de rires que dis-je, d’éclats de rire et de bajoues barbouillées de confiture pendant le pic-nic.

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Efteling

Avez vous déjà observé un enfant qui a des étoiles dans les yeux ? Avez-vous déjà vu un enfant qui tremble d’émotion, de bonheur, qui n’en croit pas ses yeux, qui se pince pour vérifier s’il rêve ou s’il est éveillé. Avez-vous déjà assisté à ce moment privilégié ou « la pièce tombe » où ça fait « Tilt » ? Avez-vous déjà vu un enfant fou de bonheur flotter dans un espace hors du temps ? Et bien, mon épouse et moi cumulons environ 50 ans d’enseignement à l’école primaire, et nous avons élevé 3 enfants : Jamais, je dis bien jamais nous n’avons ressenti un bonheur aussi simplement intense que ce jour là. Ca relève de la magie, ou du miracle ou ... Qu’est ce qu’on a eu bon pendant cette journée avec toi Nastia chérie !

Les petits bonheurs

Ajoutez à ces moments forts, tous les petits bonheurs des câlins du matin et du soir, les soirées jeux de table, où on triche aux cartes comme des enragés pour être sûrs de perdre et la voir gagner, où on joue à dessiner c’est gagner et qu’on rigole à en faire pipi dans sa culotte...j’en passe et des meilleures.

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Les petits bonheurs à la maison

Et les soucis

Et puis, ben il y a aussi quelques soucis, quand elle se plaint de douleurs au ventre, et qu’il faut voir le médecin, une fois, deux fois, puis aller à la clinique pédiatrique pour être sûr ; mais heureusement, rien de gave, seulement un peu de stress d’un enfant de 7 ans et demi, qui part seul, vivre un mois a 2000 km de chez maman et papa, chez des gens qui ne parlent pas un mot de sa langue. (MERCI à Josine et André, MERCI à nos deux traductrices qui nous ont accompagné à chaque visite et pendant toute la journée à la clinique) . Il y a les moments de cafard quand le soir tombe et qu’il faut s’endormir sans le câlin de maman et papa. Il y a bien celui de Dominique et Jean-Luc, Il y a Scott et O’Malley(le chat), mais ça ne remplace pas vraiment... et c’est très bien comme ça !

Le plus dur

Et puis il y a le plus dur ! Ce foutu samedi 27 août où tu es remontée dans ce foutu autocar qui t’a ramenée chez toi, chez les tiens, chez maman et papa qui doivent savoir, et on leur dira bien fort, qu’ils ont une MERVEILLEUSE petite fille qui les aime très fort. Oh, ces larmes qui poussent pour exploser, et qu’on retient, qu’on retient et puis qu’on ne peut plus retenir quand le car est parti. Oh que ça fait du bien d’éprouver un bonheur aussi sincère, aussi spontané, aussi réciproque, aussi désintéressé, aussi....................... comme vous voudrez qu’il soit ! Reste l’espoir : Dis Nastia, tu vas nous écrire ? Tu reviendras l’an prochain ?

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Nastia & Inna

Ben vous savez quoi ? Elle a écrit avec sa maman et son papa. Ils sont très contents et très heureux. Elle n’arrête pas d’en parler. Elle voudrait revenir avec sa cousine... Elle va bien, et elle a écrit de sa main : « Chère Dominique, cher Jean-Luc, moi aussi j’ai appris à vous aimer. » Fermez le ban !

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Dominique et Jean-Luc
Post-Scriptum :

dernière minute... Nastia est revenue... avec sa cousine ! Ben oui, nous n’avons pas pu résister... Si ça vous intéresse, nous vous raconterons, ce nouvel épisode qui vaut celui-ci à la puissance X !

contactez-nous !.
Dominique et Jean-Luc

Famille d’accueil

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